Bretagne : hydrogène vert et production d’une voiture H2 en autopartage à Redon

Bretagne : hydrogène vert et production d'une voiture H2 en autopartage à Redon

Tout nouvellement accepté, le dossier de candidature pour un Contrat de transition écologique déposé par l’agglomération de Redon (35) permet au territoire de s’engager dans un vaste projet industriel. Avec un budget estimé à 10 millions d’euros étalé sur plusieurs années, il place l’hydrogène au centre d’un écosystème qui devrait changer le paysage urbain local. Label

Véritable label pour un territoire, un contrat de transition écologique est signé avec un territoire qui rassemble élus, entreprises, associations, collectivités locales et citoyens autour d’un programme de coconstruction. Ce dernier doit répondre pleinement à l’idée d’une transition écologique qui dynamise l’activité économique locale en créant de l’emploi.

L’agglomération de Redon mise lourdement sur l’hydrogène pour honorer ses engagements environnementaux. Par ce CTE qui vient d’être validé, elle obtient l’assurance d’être accompagnée aux niveaux technique, financier et administratif par les services de l’Etat, les établissements publics et les collectivités. 3 objectifs

Désormais, ce territoire breton va devoir suivre scrupuleusement un programme d’actions précis qui fixe des objectifs de résultats. Globalement, à travers l’hydrogène, l’agglomération de Redon va s’activer à démontrer concrètement que son choix écologique est un moteur de l’économie locale, que la mobilisation des acteurs privés et publics est payante en matière de transition écologique, et qu’une reconversion industrielle est possible à ce titre.

En contrepartie, la réunion de communes d’Ille-et-Vilaine va obtenir des aides pour financer son ambitieux programme au cœur duquel se place H2X Ecosystems. Depuis 2018, Jean-François Mary, président de Redon agglomération, travaille sur le dossier. « Demain, nous devrons être un territoire innovant et un des premiers de France sur l’hydrogèn e », avait-il déjà promis. Voiture solaire et hydrogène

H2X Ecosystems propose aux territoires de créer un écosystème complet alliant production d’énergie et mobilité décarbonées. Pièce maîtresse de cet environnement, une voiture électrique fonctionnant à la fois à l’énergie solaire qu’elle capte à partir des cellules photovoltaïques qui recouvrent sa carrosserie, et à l’hydrogène. Autonomie : de 600 à 850 kilomètres. « Plus besoin de bornes de rechargement pour se déplacer où l’on veut », souligne la startup. Made in France ?

Cet engin, dont le prototype a été exposé en juin dernier dans le cadre du Vendée énergie Tour, sera construit à Redon, sur un site qui reste encore à déterminer, au rythme d’une centaine d’exemplaires à partir de 2023. De quoi créer plusieurs dizaines de nouveaux emplois localement, après une formation supérieure. Réservoirs et autres éléments qui entrent dans la composition des véhicules devraient aussi sortir d’entreprises du secteur, ou au moins implantées dans l’Hexagone. Et ce afin de disposer de voitures le plus Made in France possible. 20.000 euros le VE H2

Une fois toutes les aides déduites, le prix de 40.000 euros pour un tel engin serait divisé par 2, selon les propos recueillis par Ouest-France de Jean-Luc Fleureau, vice-président de la jeune entreprise bretonne. L’idée est cependant de proposer cette voiture solaire-hydrogène à 2 ou 4 places dans un ensemble de services publics de mobilité pour tous qui comprend l’autopartage free-floating, des livraisons, et un fonctionnement à la demande avec chauffeur. De quoi réduire les émissions de polluants et de CO2 aux horaires où les bus sont peu fréquentés. « A la clé, une autonomie de déplacement et une liberté d’horaire et d’itinéraire », met en avant H2X Ecosystems. 50 à 80 centimes du kilomètre

Très peu d’informations ont pour l’instant été communiquées sur le véhicule solaire-hydrogène. Ce que l’on sait, c’est qu’il pèserait de l’ordre de 500 kilos dans sa version 2 places et s’appuierait sur un châssis allégé développé par l’entreprise bordelaise Gazelles Tech.

En prenant en compte l’adoption de l’environnement complet qu’il propose, H2X Ecosystems chiffre le coût des trajets dans une fourchette de 50 à 80 centimes d’euro par kilomètre. Le package de base mis en avant par la startup comprend une flotte de 50 de ces véhicules, associée à un électrolyseur d’une capacité de production de 100 kilos d’hydrogène par jour. Hydrogène vert

Une seule pompe d’avitaillement en hydrogène est prévue au démarrage à Redon. Et ce en raison du prix élevé de cet équipement, de l’ordre de 1,2 million d’euros.

La production d’hydrogène vert sera permise par l’exploitation de sources locales et renouvelables (solaire, éolien) en entrée du catalyseur. Un fonctionnement qui vise également à développer sur le territoire les EnR. Dans un deuxième temps, Redon agglomération espère progressivement remplacer ses bus et bennes à ordures ménagères par des modèles fonctionnant à l’hydrogène. Et, pourquoi pas, convaincre les automobilistes.

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